6 décembre 2008

 

Toi... est-ce que tu sais la chance que tu as ? Est-ce que lorsque tu te lèves le matin (ou à l'heure que tu veux), tu sens ce parfum de liberté autour de toi ? Lorsque tu ouvres tes fenêtres (si tu les ouvres), lorsque tu sors dans la rue (si tu sors), est-ce que tu ressens cette légèreté de vivre dans un des plus beaux pays du monde ? Est-ce que tu sais le combien tu es privilégié et le combien tu es chanceux de vivre dans un tel environnement ?

Oui, je sais... tu peux me le dire à longueur de journée que rien n'est parfait, que tout va mal, de mal en pis, que les riches sont toujours plus riches, que les pauvres sont toujours plus pauvres... Que la crise c'est la crise, que la banque c'est la banque, les dettes ne font qu'augmenter, que le président c'est le président, que le gouvernement idem... Tu peux tout me dire, je peux tout écouter... Après tout, moi aussi, je vis ici. Moi aussi je vis comme toi, je subis quelques réformes, je vais avec le flot. Moi aussi je vis les changements de la société française. La différence entre toi et moi, c'est que je n'ai pas le droit de vote. Je ne peux pas dire si oui ou non quelque chose me plaît.

Mais à vrai dire, cela m'importe peu... tu veux savoir pourquoi ? Parce que lorsque je suis dehors et que je sens le soleil montpelliérain me caresser la figure, le froid qui me rosit les joues (il m'en faut peu pour avoir le visage rouge comme un coquelicot), la vie de ma ville, je me sens bien... je me sens heureuse... en réalité, je ne me suis jamais sentie aussi heureuse de ma vie. J'ai beaucoup voyagé ma maison sur mon dos et en excès de bagages, cherchant à chaque port où m'ammarrer. J'ai toujours été gitane malgré moi, toujours voulu aller ailleurs... voir si l'herbe était plus verte comme on dit si souvent... A peine arrivée quelque part, je me disais "tiens, ce serait comment, là-bas ?"

Mais là, le goût d'ailleurs me suffit pour mes vacances. Montpellier et la France m'ont donné le goût d'ici. Finalement, je parviens à comprendre ce que pensent et ressentent ceux qui sont sédentaires et qui ne veulent absolument pas quitter leur home sweet home... Je commence à peine à saisir cette envie de sédentarisme... Le nomadisme a assez donné. Peut-être que je pourrais le refaire un jour, on ne sait jamais, mais je pense que mon coeur sera toujours attaché et accroché à un des pavés de Montpellier. A chaque fois que je pars c'est un morceau de moi qui reste gravé dans les murs de la ville, des Trois Grâces aux dunes de Palavas.

Comme dans toute relation, il y a des hauts et des bas, et tu le sais... Un jour on va s'aimer, le lendemain on va se déchirer. Un jour on va crier, pour ensuite mieux parler. On va se haïr puis revenir dans les bras l'un de l'autre. Eternellement. Et toi, tu sais bien que tu aimes ta France malgré tout. C'est comme une mère qui ne cesse de faire des erreurs pour mieux grandir... Elle est bien là pour te soigner lorsque tu vas mal... Elle te donne à manger et tu as même le luxe de dire si tu veux ceci ou cela, bio ou franchement pas... Même dans le pétrin, elle t'aide et t'aidera toujours. On se dit toujours qu'on a rien, mais au fond... on a tellement plus que tant d'autres. Tu ne trouves pas ?

J'aime ton pays... veux-tu le partager avec moi ?

Xi-♥, JA.

 

 

   
 

Last updated March 2009 © Jo Ann von Haff 2006-2009

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