Fille du Vent

 "Elle" s'est réveillée sur un banc public à Montpellier amnésique. Le seul indice sur son identité est un carnet rempli d'annotations littéraires, des titres de jazz et de bossa nova... et 20 000 €...

(2008)

A celle que je ne suis pas.

 

Une jeune femme se réveille soudain sur un banc public dans un parc de Montpellier. Elle ne sait plus qui elle est, où elle est, ce qu'elle fait ni à quoi elle ressemble. Elle a ouvert des yeux sur une vie qui lui était totalement inconnue, sans même savoir si elle avait pris son petit-déjeuner le matin.
Elle ne trouve sur elle qu'un carnet rempli d'annotations en plusieurs langues qu'elle semble comprendre, de titres de livres, de titres d'albums de jazz, bossa nova et de blues, de vers orphelins, des bribes d'histoire sans liens entre elles.
Un nom revenait sans cesse: Carla Santana, mais elle était incapable de savoir si c'était le sien ou pas car ça ne lui faisait aucun effet, dit à voix haute.
Et dans le carnet, elle trouva une somme de 20'000€ en coupures neuves.

                                          

  « Des voix venaient de toutes les directions. Elle ne comprenait rien de ce qu’il se passait autour d’elle. Des intonations graves ou aiguës, féminines ou masculines, des rires d’enfants, des gens qui chantaient, les cordes d’une guitare gitane… C’était un brouhaha distant et pourtant très proche. Encore plus loin, il y a avait de l’eau qui coulait… une mélodie harmonieuse et inquiétante à la fois.
Elle ouvrit les yeux et découvrit un monde qui marchait de travers. Ils étaient tous à l’horizontal et marchaient tous penchés. Clignotant des yeux, elle essaya de comprendre ce qu’il se passait. Sous sa joue, il y avait un objet en cuir qui lui collait à la peau, un contact désagréable… Petit à petit, elle prit conscience de son corps douloureux. Elle s’appuya sur son coude et grimaça. Tout son être était courbatures. Ses cheveux sombres tombèrent devant ses yeux. Elle les toucha comme si c’était la première fois qu’elle les voyait. Elle écarta ses mèches longues puis regarda ses mains pâles, ses ongles coupés courts, ses longs doigts. Elle n’avait ni bague ni bracelet et encore moins de montre.
Elle fronça les sourcils.
Elle releva les yeux et nota quelques regards curieux, des gens qui la regardaient un moment puis continuaient sa route. Elle ne reconnaissait pas l’endroit où elle était. C’était une esplanade. Son banc était juste devant une allée en gravier. Les gens passaient, pressés, partant dans un sens ou de l’un autre. Quelques-uns étaient habillés en costumes sombres, visiblement sortant ou se rendant à leurs bureaux. D’autres, plutôt des femmes, étaient décontractées, poussant des poussettes et parlant à voix haute avec d’autres femmes avec des enfants en bas âge. De l’autre côté de l’allée, il y avait un parc d'enfants. Voilà d’où venaient tous ces rires d’enfants, tous ces cris.
Il faisait beau, pas trop chaud. Les arbres étaient verts et brillants, quelques-uns étaient même en fleurs. De son côté gauche, il y avait une fontaine, juste derrière une statue. Au loin, il y avait des drapeaux européens. Elle imprimait tous ces détails mais elle n’arrivait pas à se souvenir de cet endroit.
Elle posa sa main sur le banc où elle était assise et ressentit l’objet en cuir. Elle baissa le regard et nota un carnet à la couverture en cuir gravé. Elle le prit, curieuse. Elle ne reconnaissait pas ce carnet. Elle releva les yeux une dernière fois, pour être sûre qu’il n’y avait personne qui arriverait en courant pour lui dire qu’on avait oublié le carnet. Mais personne ne vint. Elle concentra toute son attention sur ce carnet si lourd qui avait des papiers et des cartes qui dépassaient.
Doucement, comme devant un trésor interdit, elle ouvrit le carnet et lut la première page…»

 

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NaNoWriMo 2006

Bientôt disponible

 

 

Montpellier, 20 mars 2008

 

« Fille du Vent » est ma première tentative au NaNoWriMo, ce défi international que seuls quelques dizaines de milliers de fous dans le monde essaient qui consiste à écrire un roman de 50'000 mots, du début à la fin, en 30 jours, du 1er au 30 novembre. Une petite dizaine atteint le but et pour ma première participation, j’ai franchi le cap des « 50K » en 15 jours.

Après 6 mois de travail, « Fille du Vent » a enfin trouvé le mot « fin ». Ce roman, l’histoire de mon amnésique ne m’appartient plus mais me touche encore, à sa manière…

 

Jo Ann v.

 

 © Jo Ann von Haff 2006-2008

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[Mise à jour à Montpellier, France - le 26 juillet 2008]

 
 

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