Ciel ! J'ai épousé mon mari !

(bientôt)

A ma mère qui a presque toujours raison...

Les préjugés, Lukeny Maier Peterson les connaît bien. Elle est métisse, a à peine 20 ans, n'a pas terminé ses études... et est mariée avec un médecin blanc quadragénaire, qui n'est autre que le meilleur ami de ses parents. Dans une Afrique du Sud après Apartheid, les mauvaises langues ont la vie dure...

                                                                 

Quand maman dit qu'il faut terminer ses études, trouver du travail, avoir une stabilité financière, s'assumer en tant que femme avant de trouver un mari, il faut l'écouter. Et ne pas prendre ses clics et ses claques et aller au bout du monde vivre avec un mari qui a le double de son âge... et qui accessoirement est le meilleur ami de ses parents... La jeune fille en question, 20 ans à peine, moitié allemande moitié angolaise (ça vous fait rappeler quelqu'un? Vraiment?) part vivre en Afrique du Sud, plus précisément à Sandton, banlieue de Johannesburg (toute ressemblance avec la réalité est une pure coïncidence) avec son mari, médecin pédiatre de 41 ans.

Elle devra:
- regarder dans la même direction que son mari;
- lutter contre les préjugés;
- lutter contre toute sorte de discrimination;
- apprendre à être indépendante, autonome, elle qui a toujours vécu dans un cocon;
- s'adapter à l'Afrique du Sud, mode de vie et langue;
- dépasser ses doutes, ses angoisses, sa peur de l'échec;
- subir les attaques indirectes de sa mère, ethnojournaliste et chroniqueuse dans une revue féminine;
- subir le silence de son père;
- oublier cette sensation qu'elle a d'être le vilain petit canard dans sa famille et belle-famille si parfaites...

Elle devra faire de son mariage une réussite pour qu'une fois au moins, sa mère n'ait pas du tout raison...

 

Je me suis assise au bord d’un vase et j’en ai profité pour enlever mes escarpins. L’air frais me faisait du bien après toute une soirée enfermée dans le salon de fêtes. Cachée malgré moi derrière les buissons, j’ai entendu deux femmes qui riaient.

Soudain, j’ai clairement perçu les propos qu’elles échangeaient.

- Il va vraiment épouser une Noire ? – lança une – Elle est enceinte ou quoi ?

- Ah, Viviane ! Jan n’est pas dupe ! C’est un homme brillant. – répondit l’autre.

- Oui, brillant. Et pourtant, il est fou amoureux de cette fille qui vient à peine de couper ses couettes d’écolière !  Elle oui, elle est brillante ! Tu te rends compte ? Toute jeune qu’elle est ? Elle va épouser un Blanc, bon statut social, médecin, qui gagne bien sa vie, vice-président en Afrique du Sud d’une fondation qui œuvre dans le monde entier et qui pouvait être son père ! Et accessoirement, beau.

- Tu n’aurais pas dit non ! – remarqua la deuxième.

- A ce qu’il paraît, je ne suis pas assez bronzée pour lui !

Et elles se sont éclatées de rire.

Et moi, je suis restée paralysée par le choc, par la peine, par la colère. Ne serais-je que ça aux yeux des autres ? Une sang-sue ? Parce que j’étais jeune et métisse ? Lukeny Maier n’avait rien fui, n’avait rien cherché ! Elle avait juste trouvé l’amour.

Quand Jan est arrivé et je suis rentrée dans la voiture, je n’ai pipé mot. Il me demanda ce qu’il n’allait pas. J’avais juste prétexté une fatigue et un début de migraine… Il n’avait pas à souffrir pour rien. Je suffisais largement à l’auto-flagellation…

 

cielmari

v. 3 - Ciel ! J'ai épousé mon mari !

 bsitter

v. 2 - Ciel ! J'ai épousé mon baby-sitter !

Montpellier, 20 mars 2008

 

Lorsque j’ai commencé à écrire ce roman, le premier titre qui m’est venu à la tête est « Maman voulait avoir raison ». En me mettant dans la peau de Lukeny, j’imaginais ce que ma mère aurait fait à la place de Nazaré.

Mme le Général nous a toujours dit qu’il fallait « terminer ses études, trouver un travail, avoir une stabilité financière, s’assumer en tant que femme avant de trouver un mari ». Dans ce roman, bien sûr je grossis le trait de caractère de ma mère, et qu’aujourd’hui son point de vue a légèrement changé. Mais elle a été la première source d’inspiration, elle qui n’est, en plus, pas du tout d’accord avec les couples avec de grandes différences d’âge…

Il y avait matière…

 

Jo Ann v.


Never, Never Gonna Give You Up
By Lisa Stansfield
BestAudioCodes.com
 

 © Jo Ann von Haff 2006-2008

[Facebook]

[Mise à jour à Montpellier, France - le 26 juillet 2008]

 
 

free log