Méthode

 

A force de passer des heures dans les avions, les trains et le voitures, les livres sont devenus mes indispensables compagnons de voyage, et les gares et aéroports, mes meilleures librairies et depuis que j'ai seize ans, je me suis laissée bercer par cet univers de la création littéraire et je n'en suis plus sortie. L'écriture est ma vie, ma religion et mon identité la plus profonde.

Je me sens souvent frustrée lorsque je lis un roman et que l'auteur en question part dans une direction que je n'aurais pas prise, persuadé que pour avoir une belle fin, il faut avoir un 'happy end' et donc terminer un roman d'une manière totalement imprévue. J'écris ce que je veux vraiment lire, et un jour, mes livres seront dans les vitrines dans les gares et les aéroports...

 

Voici ma méthode de travail. Pour certains écrivains, ce n'est pas un bon modèle, mais c'est tout à fait personnel. On devrait écrire comme on le sent et non pas comme une obligation qui suit des règles strictes. C'est de la création. Avec la méthode qui suit, j'ai écrit 6 romans en 6 ans. Alors bon ou mauvais exemple, il doit avoir autant de méthode que d'écrivains.

 

 

Première phase : Inspiration

 

Je suis guidée à l'inspiration. C’est un peu comme une lune de miel. Je dois être pratiquement obsédée par une idée pour que j'aie envie de m'y consacrer pour le semestre à venir. Je dois en rêver, je dois être constamment en train d'y songer pour enfin me décider à l'écrire. J'ai tellement d'idées qu'il faut vraiment qu'une se démarque et se fasse plus pressante que les autres.

 

 

Idée de départ Lorsque j'ai mon idée de départ, tout suit. Il me faut un fil conducteur et ensuite, mon écriture et mon raisonnement deviennent fluides. Je peux facilement écrire pendant des heures d'affilée, sans pause. Je me sens tout de suite attachée à mes personnages, j'ai envie de les suivre, de les transformer... Je deviens littéralement obsédée par ce qu'ils peuvent devenir. Cette idée est souvent très simple. Avec le temps, j'ai appris à simplifier au plus malgré le nombre de péripéties. Le plus on ajoute, le plus l'histoire se ressemble à un brouillon : désorganisé.

 

Pour « Fille du Vent », je savais qu'une fille amnésique s'était réveillée dans un parc à Montpellier avec un objet qui pourrait la ramener au passé. A part ça, plus rien. La version finale dit que l'objet était un carnet de notes. Mais l'idée première, c'était un violon...

Pour « Ciel ! J'ai épousé mon mari ! », je n'avais qu'une fille à peine sortie de l'adolescence, épousant le meilleur ami de ses parents et sa mère utilisait tous les moyens à sa disposition pour lui faire la morale. Les détails ont changé pour que les parents, et donc le mari, soient plus jeunes.

 

 

Préparation Il faut absolument que tout soit net et précis lorsque je commence à écrire. Je n'aime pas être dans le flou, il faut que que le contexte soit exact (en 2001, c'était impossible de ne pas parler du Onze Septembre, alors que l'action se déroule à New York, par exemple). J'ai une chronologie avec les grands événements réels et les grands événements des vies des personnages. Dans la suite de la précision, il faut aussi que mes personnages aient une carte d'identité avec noms complets, dates et lieux de naissance, lieux de résidence, apparences physique, études et métiers. J'ai aussi leur arbre généalogique. Je n'ai pas besoin d'utiliser toute cette information. J'ai juste besoin de savoir. Ça n'est jamais, jamais inutile d'avoir de l'information en plus ! Je mets le tout dans un fichier Excel et voilà. Les couleurs m'aident à me réparer très facilement. 

Lorsque j’écris sur papier, les scènes me viennent dans le désordre et ensuite je mets mes feuilles dans l’ordre grâce à ma chronologie précise.  Il y a une exception avec ma saga fantasy. Je présentais mes chapitres au fur et à mesure comme un feuilleton, donc je ne pouvais que les écrire au fur et à mesure.

         

 

Grandes lignes (grands thèmes): J'ai des thèmes de prédilection.  Les cicatrices, qu'elles soient psychiques ou physiques me fascinent. Les traumatismes me poursuivent, même loin des manuels de psychopathologie. Les cicatrices qu'on voit, qu'on découvre, qu'on sent, les secrets qui se cachent derrière... C'est réellement fascinant.

La mixité culturelle m’est très importante. Je suis moi-même issue d'un milieu biculturel (luso-angolais) et mon éducation à la française dans divers pays (hispanophone, anglophone, lusophones et francophone; africains, latino-américain et européens) a contribué à ce que je sois un melting-pot malgré moi. Je ne lis pas (beaucoup) de romans avec des héroïnes dans mon genre (ou alors, je n'en ai pas trouvé) et en discutant avec d'autres vadrouilleurs de naissance, j'ai remarqué que cette littérature manque cruellement. Nous sommes dans un monde de globalisation/mondialisation, il faut suivre l'air du temps…

Je fais mes personnages voyager la plupart du temps. Pour que je fasse un personnage sédentaire, il faut que je fasse un très grand effort. Bon, j'exagère un peu peut-être, mais il y a tant de choses à découvrir et faire découvrir!

 

Dans « Fille du Vent », la trame se passe à Montpellier avec un très court passage à Amsterdam.

Dans « Ciel ! J'ai épousé mon mari ! », Lukeny est moitié angolaise, moitié allemande, et vit en Afrique du Sud, pays de son mari.

Dans « Gazelle », Alyzée et Christian se partagent entre Paris, Londres et New York, et font quelques tours à Turin et Johannesburg. 

 

 

Deuxième phase : Discipline

 

Après la phase lune de miel, c’est un autre genre de travail qui commence. Je ne suis plus tout à fait guidée par l’inspiration, et je deviens très carrée. Je coupe, je réécris, je corrige et transforme à souhait. C'est là que ce n'est plus du premier jet, mais un deuxième, voire un troisième, un septième, un vingtième. Je travaille les enchaînements, les tournures, je revois le style des dialogues de chaque personnage, et je coupe encore et encore.

Enfin, arrive le titre. Je n’arrive jamais à être satisfaite des titres et mes romans peuvent prendre une demi-douzaine avant l’envoi. Je ne suis vraiment pas douée…

 

 

Troisième phase : Envoi

 

La dernière phase, la moins drôle… le choix des éditeurs, les impressions et les envois… et les lettres de refus qui peuvent commencer à polluer vos boîtes à lettres.

 

 

Bon courage à vous !

Pen name ?

La réécriture de Fiha Lodan est vraiment soft. Ça me plaît. Et comme je m'y attendais, le fait de le faire en français m'ouvre les robinets à idées. Je ne fais que traduire/réécrire en ce moment. A la fin de La Treizième Concubine, je reviendrai au début et j'ajouterai sûrement des scènes pour mieux étoffer la chose.
Il faut que je commence aussi à faire les fiches des personnages principaux pour que l'illustratrice ait de quoi travailler. Elle a déjà fait un brouillon de Sara Arlam, un des personnages clés de la saga, et rien que le brouillon est extra !

Maintenant, il y a quelque chose qui m'obsède (encore). Je pense démarcher les éditeurs spécialisés en 2010 (ce qui nous donne plus de 8 mois pour (re)travailler cette affaire), et en faisant une 'étude' dans le monde fantasy, je me suis posée la question du pseudonyme.
J'ai toujours dit que j'utiliserai mon nom pour mon travail car je n'en ai pas honte, et en plus je le trouve vraiment beau Jo Ann von Haff ! Pourtant, mon 'truc', ce sont les romans contemporains. Des romans qui se passent dans notre société, à notre époque, avec des gens qui ont des problèmes comme nous (la seule exception étant A l'Ombre du Baobab qui a une touche de fantastique avec un personnage principal médium). Mais, prenant de principe que je serai un écrivain célèbre (ahem), je pense que j'aimerai faire la distinction entre ces deux univers qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre.
Si j'avais commencé à lire Maxime Chattam par Les Arcanes du Chaos, je n'aurais jamais relu quoique ce soit de lui et pourtant j'aime ses polars. Ce sont deux genres qui ne se ressemblent pas.
En cherchant sur Amazon mes futures lectures fantasy (bein oui, je me fais une cure de fantasy, c'est bien d'en écrire, mais c'est mieux si on sait de quoi on parle) et j'ai fait quelques recherches, et rien que Robin Hobb, elle a trois noms. Le sien, de naissance puis les noms de plume Robin Hobb et Megan Lindholm (à savoir si elle ne se perd pas dans la journée). Je n'ai pas de deuxième prénom et j'ai un patronyme à rallonge (double particule ça fait si chique - ha !). A moins de me la jouer Ann de Seixas que personne ne saurait comment prononcer (de sé-ï-cha-ch), ça ferait très space, non ? Ah, j'aurais adoré avoir un deuxième prénom ! Du genre, Katila (un des prénoms angolais que je préfère)... A voir...
Donc voilà.
En attendant... j'ai jusqu'en 2010 ;-)

JA.